Avec 19,8 millions d’arrivées en 2025, le royaume s’impose comme la première destination touristique d’Afrique et confirme, par la diversité de ses atouts autant que par ses infrastructures, une trajectoire de croissance qui dépasse largement les standards régionaux.
Le Maroc s’est imposé en quelques années comme l’une des principales destinations touristiques d’Afrique. En 2025, le royaume a franchi un nouveau seuil avec 19,8 millions d’arrivées touristiques, soit une progression de 14 % en un an et de 53 % par rapport à 2019. Selon le ministère marocain du Tourisme, cette performance place désormais le pays au premier rang des destinations touristiques du continent. Il occupe également, selon les dernières données d’ONU Tourisme publiées en 2026, le 22e rang mondial pour les arrivées touristiques internationales.
Cette progression ne repose pas sur un seul atout, mais sur la combinaison d’un patrimoine historique exceptionnel, d’une offre culturelle et gastronomique très identifiable, et d’un réseau aérien qui s’est considérablement étoffé. Le pays bénéficie ainsi d’un avantage rare : pouvoir proposer, dans un espace relativement compact, des expériences aussi différentes qu’un séjour dans une médina historique, une escapade sur la côte atlantique, une découverte des montagnes de l’Atlas ou un voyage vers les paysages présahariens. Le tissu urbain ancien constitue l’un des piliers de cette attractivité : les médinas de Fès, Marrakech, Essaouira et Tétouan figurent notamment sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Fès conserve un ensemble médiéval particulièrement dense, avec ses médersas, palais, mosquées, fontaines et anciens fondouks. Marrakech, inscrite au patrimoine mondial depuis 1985, se distingue par ses remparts, ses portes monumentales, la Koutoubia, ses palais et ses souks. À Essaouira, la médina témoigne quant à elle de l’histoire commerciale du royaume et de ses échanges avec l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
Cette richesse ne se limite pas à des monuments conservés : elle irrigue des pratiques et des savoir-faire toujours vivants. Dans les ruelles des médinas, l’artisanat, les commerces traditionnels, les marchés et l’architecture participent à une expérience urbaine encore largement animée. L’UNESCO décrit ainsi la médina de Marrakech comme une ville historique où subsistent maisons, souks, activités artisanales et métiers ancestraux, un héritage qui dépasse donc la simple visite pour s’inscrire dans le quotidien.
La gastronomie constitue un autre facteur d’attractivité. Couscous, tajines, pastilla, harira, pâtisseries, thé à la menthe et produits issus de l’agriculture locale composent une cuisine particulièrement diverse. Le couscous bénéficie d’ailleurs d’une reconnaissance internationale : en 2020, l’UNESCO a inscrit les savoirs, savoir-faire et pratiques liés à sa production et à sa consommation au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, dans le cadre d’une candidature portée conjointement par le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie, l’organisation soulignant notamment les dimensions de transmission, de convivialité, de partage et de solidarité associées à cette pratique culinaire. Mais l’attrait culturel ne suffirait pas, à lui seul, à expliquer l’augmentation des visiteurs, le développement du réseau aérien joue un rôle tout aussi déterminant. Royal Air Maroc utilise Casablanca comme plateforme intercontinentale et dessert un maillage reliant l’Europe, l’Afrique, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l’Asie. En 2025, la compagnie a ouvert de nouvelles liaisons vers Munich, N’Djamena, l’île de Sal et Zurich, tandis que la ligne directe Casablanca-Pékin a été relancée en janvier de la même année. Cette amélioration de l’accessibilité accompagne une stratégie touristique plus large. Le gouvernement marocain indique que sa feuille de route 2023-2026 vise notamment à renforcer la desserte aérienne, développer les capacités d’hébergement, diversifier l’offre et améliorer la qualité des services. Les résultats de 2025 illustrent l’ampleur de cette dynamique, les établissements d’hébergement touristique classés ont enregistré 43,4 millions de nuitées, soit 9 % de plus qu’en 2024, tandis que les recettes touristiques ont atteint 138 milliards de dirhams sur l’ensemble de l’année, soit une hausse de 21 %. Un résultat que la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor, attribue à un changement de nature plutôt que de seule ampleur : le secteur, selon elle, « ne se développe pas uniquement en volume, mais génère de plus en plus de valeur ». Le Maroc dispose ainsi d’un ensemble cohérent d’atouts : un patrimoine reconnu internationalement, une gastronomie devenue un élément de son identité touristique, une diversité géographique importante et des liaisons permettant désormais de rejoindre plus facilement ses principales villes, à quoi s’ajoute une capacité croissante à accueillir des volumes importants de visiteurs.
Le défi consiste désormais à accompagner cette croissance sans affaiblir ce qui fait précisément l’attrait du pays. La préservation des médinas, la gestion de la fréquentation, la qualité des services et la protection des biens culturels et naturels seront déterminantes pour inscrire cette progression dans la durée. Le gouvernement vise déjà l’étape suivante : porter les arrivées à 26 millions de touristes d’ici 2030, année où le Maroc coorganisera la Coupe du monde de football avec l’Espagne et le Portugal. En 2025, les chiffres placent déjà le pays au sommet du tourisme africain ; la prochaine décennie dira si cette avance quantitative se transforme en développement touristique durable et équilibré sur l’ensemble du territoire.
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