Décryptage
Peut-on simultanément forer en eaux profondes et promettre une transition verte ? C’est le paradoxe que l’Afrique incarne avec une franchise croissante. Pendant que les chefs d’État s’engagent sur des objectifs climatiques lors des sommets internationaux, les ministres des hydrocarbures de Lagos, Luanda et Libreville multiplient les accords d’exploration. Cette double posture n’est pas hypocrisie : c’est la traduction d’un dilemme structurel que ni les marchés financiers ni les institutions multilatérales n’ont encore su résoudre. La production d’hydrocarbures du continent devrait se maintenir à environ 11,4 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2026, avec de nouveaux projets projetant une hausse vers 13,6 millions en 2030, l’Afrique du Nord contribuant à hauteur d’environ 60 % de ce volume. Ces...