Décryptage
Depuis 2008, les violences contre les migrants reviennent par vagues en Afrique du Sud. Les recherches montrent qu’elles ne naissent pas spontanément de la misère : elles sont organisées, tolérées, et presque jamais punies. Comment une société qui a subi pendant des décennies l’apartheid, la ségrégation et l’exclusion peut-elle à son tour exclure, humilier et parfois tuer des étrangers, souvent eux-mêmes africains ? La question est légitime, mais elle appelle une réponse qui se garde de présenter les Sud-Africains comme collectivement xénophobes. Les violences sont le fait d’une partie de la population, dans des lieux et à des moments précis, et c’est justement cette géographie qui éclaire le phénomène. Le tournant date de mai 2008. Parties d’Alexandra, township de Johannesburg,...