Dakar 2026 : deux semaines pour entrer dans l’histoire olympique

Dakar 2026 : deux semaines pour entrer dans l’histoire olympique

30 octobre 2026

À deux jours de la cérémonie d’ouverture, le Sénégal s’apprête à accueillir le premier événement olympique jamais organisé sur le sol africain. Au-delà du sport, les Jeux olympiques de la jeunesse sont aussi un test grandeur nature pour l’économie, les infrastructures et l’image du pays.

À deux jours de la cérémonie d’ouverture, la capitale sénégalaise retient son souffle. Le samedi 31 octobre, le Sénégal donnera le coup d’envoi des quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse d’été et inscrira son nom dans l’histoire du sport mondial : pour la première fois, les anneaux olympiques se dresseront sur le sol africain. Une promesse longtemps attendue, portée par une devise qui résume l’ambition du pays hôte : « L’Afrique accueille, Dakar célèbre ».

Initialement prévus en 2022, ces Jeux ont été reportés à 2026 par le Comité international olympique (CIO) en juillet 2020, en pleine pandémie. Les organisateurs ont mis ce délai à profit pour affiner leur préparation. Dans les rues de Dakar, les derniers préparatifs se mêlent à la Téranga, cette hospitalité dont les Sénégalais ont fait une signature. De la ville nouvelle de Diamniadio à la station balnéaire de Saly, les sites attendent le feu vert. Lundi 26 octobre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a remis le drapeau national aux 136 athlètes de la « Team Sénégal », engagés dans 23 disciplines, soit la plus importante délégation de l’histoire olympique du pays. Arrivée d’Athènes à la mi-septembre, la flamme a, de son côté, parcouru les quatorze régions du pays avant d’allumer la vasque. L’acteur franco-sénégalais Omar Sy, ambassadeur officiel des Jeux, s’est dit « fier et honoré » de prêter son image à l’événement.

Jusqu’au 13 novembre, quelque 2 700 athlètes âgés de 17 ans au maximum s’affronteront dans 25 sports de compétition. Ils représenteront 206 comités nationaux olympiques, auxquels s’ajoute, pour la première fois, une équipe olympique de jeunes réfugiés. La parité sera parfaite, entre athlètes comme entre épreuves, une première dans l’histoire des Jeux olympiques de la jeunesse d’été. À Diamniadio, le stade Abdoulaye Wade, d’une capacité de 50 000 places, accueillera les cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que le tir à l’arc. À Dakar, le complexe du Tour de l’Œuf vibrera au rythme du basketball 3×3, du skateboard, du breaking et de la natation. Plus au sud, la plage de Saly offrira un cadre idéal à l’aviron de mer, au beach-volley, à la voile et à la lutte de plage. Mais pour le Sénégal, l’enjeu dépasse largement les médailles. L’organisation a mobilisé une logistique inédite : un village olympique de plus de 2 000 lits aménagé à l’université Amadou Makhtar Mbow de Diamniadio, et un dispositif de mobilité comptant 166 mesures de régulation de la circulation. Les autorités veulent aussi transformer l’événement en levier économique. En amont des Jeux, le Dakar Sport Summit a réuni les 27 et 28 octobre, à l’université Cheikh-Anta-Diop, acteurs publics et privés autour de l’économie du sport et de l’employabilité des jeunes. Le programme « JOJ Impact », quant à lui, vise à prolonger les retombées des installations au-delà de la compétition, en reliant le sport au développement économique et à la création d’emplois. Le président Faye a lui-même insisté sur l’héritage humain de l’événement : les compétences acquises, les métiers mieux maîtrisés et les processus professionnels développés à l’occasion de l’organisation.

L’addition, elle, reste difficile à établir avec précision, tant les chiffres varient selon les périmètres retenus. Selon Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité d’organisation, le budget opérationnel des Jeux s’élève à 32 milliards de francs CFA, financés à 60 % par le CIO et ses partenaires ; il dément les montants de 80 milliards avancés par certains. À cette enveloppe s’ajoutent les investissements de l’État dans les routes, l’eau et les équipements sportifs, appelés à rester au pays, dont 39,4 milliards de francs CFA de prêts de l’Agence française de développement pour rénover notamment le stade Iba Mar Diop et la piscine olympique de Dakar. Les recettes directes, elles, resteront modestes : avec des billets vendus entre 1 000 et 5 000 francs CFA, la billetterie et les revenus commerciaux ne devraient rapporter qu’environ 3,6 milliards. Le pari se joue ailleurs. Le comité d’organisation a réservé quelque 5 000 chambres dans 74 hôtels, et l’hôtellerie, la restauration, les transports et l’artisanat attendent l’afflux des délégations, des médias et des visiteurs. Surtout, le Sénégal compte sur cette vitrine pour soutenir sa stratégie touristique, qui vise 2,4 millions de visiteurs internationaux à l’horizon 2029.

Le 31 octobre, lorsque la mascotte Ayo, un jeune lion, accueillera le monde au son de l’hymne officiel « Teranga », interprété par la chanteuse Mamy Mbaye, ce ne sera pas seulement le début de deux semaines de compétition. Ce sera la démonstration qu’un pays du continent peut organiser un grand rendez-vous olympique, et peut-être le point de départ d’une nouvelle place pour l’Afrique dans l’économie mondiale du sport. Le compte à rebours s’arrête ; l’histoire, elle, commence.

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