En quelques années à peine, le GITEX Africa est devenu bien plus qu’un salon technologique. C’est aujourd’hui un baromètre de l’ambition numérique du continent et une fenêtre d’opportunités concrètes pour les investisseurs, les entreprises et les décideurs qui veulent comprendre où se joue la prochaine vague d’innovation africaine.
La quatrième édition se tient du 7 au 9 avril 2026 au Marrakech Exhibition & Convention Centre, sous le thème « Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle ». L’événement est organisé par Kaoun International, filiale du Dubai World Trade Centre, en partenariat avec l’Agence de Développement du Digital (ADD) du Maroc, sous la tutelle du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, et placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI. Cette année, plus de 55 000 participants sont attendus, aux côtés de 1 500 entreprises exposantes et startups, de 700 intervenants issus de 130 pays, ainsi qu’un nombre record d’investisseurs institutionnels. La trajectoire de croissance du salon est éloquente : lancé en 2023 avec une vocation clairement continentale, il a rapidement dépassé le statut d’événement régional pour s’imposer comme la référence de l’écosystème tech africain. L’édition 2025 avait déjà accueilli plus de 45 000 participants et 1 400 exposants venus de 130 pays, des chiffres qui témoignent d’une dynamique portée par l’appétit croissant des acteurs mondiaux pour les marchés africains.
L’intelligence artificielle occupe cette année le cœur des débats. Mais le GITEX Africa 2026 ne se réduit pas à un discours sur l’IA : il en expose les applications concrètes, taillées sur les réalités africaines. Les secteurs mis en avant couvrent un spectre large, fintech, santé digitale, agritech, cybersécurité, smart cities, cloud computing et énergie propre, reflétant la diversité des défis auxquels le continent entend répondre par le numérique. Ce qui distingue le salon des autres grandes messes technologiques mondiales, c’est précisément cet ancrage dans les problématiques locales : les startups qui y exposent n’y cherchent pas à reproduire des modèles importés, elles innovent à partir des contraintes et des besoins propres au continent, et c’est exactement ce que les capitaux internationaux sont venus chercher. Selon le rapport 2025 de la GSMA, l’Afrique concentre 283 millions d’utilisateurs actifs de mobile money, record historique et plus forte densité mondiale. L’Investor Lounge a fait ses preuves : à l’édition 2025, plus de 1 500 réunions d’affaires y ont été organisées, réunissant des fonds gérant plus de 200 milliards de dollars d’actifs, parmi lesquels AfricInvest, Techstars et Ventures Platform. Cette année, l’événement intègre également un volet greentech porté par le D4SD (Digital for Sustainable Development Hub) tandis que le Maroc, pays hôte, s’affirme comme un hub stratégique à la croisée de l’Afrique subsaharienne, de l’Europe et du Moyen-Orient. La forte présence institutionnelle marocaine, gouvernement, agences publiques, universités, confère au salon une légitimité et un ancrage politique rares dans l’écosystème technologique continental.
Dans un environnement mondial marqué par la fragmentation géopolitique et la compétition pour les technologies critiques, le GITEX Africa 2026 constitue une occasion rare : celle de prendre le pouls de l’innovation africaine, de nouer des partenariats à l’échelle continentale et de se positionner sur des marchés en pleine structuration. Les entreprises qui font le déplacement à Marrakech du 7 au 9 avril ne viennent pas chercher l’exotisme technologique. Elles viennent signer des contrats, identifier les prochaines pépites de la tech africaine et inscrire leur stratégie dans la dynamique d’un continent qui, selon les projections du FMI publiées en octobre 2025, devrait afficher une croissance de 4,1 % en Afrique subsaharienne, un rythme nettement supérieur à la moyenne mondiale établie à 3,2 %.
Le GITEX Africa n’est pas un événement de plus dans l’agenda des décideurs. C’est une fenêtre stratégique. Et comme toutes les fenêtres, elle ne reste pas ouverte indéfiniment.
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