BRAFA 2026 : quand Bruxelles révèle ce que le monde pense de l’Afrique

BRAFA 2026 : quand Bruxelles révèle ce que le monde pense de l’Afrique

25 mai 2026

Photo: BRAFA 2026 – Claes Gallery © Clavairolles Valentin

Chaque année, au cœur de l’hiver, Bruxelles s’impose comme l’un des observatoires les plus sûrs du marché de l’art international. La BRAFA, Brussels Art Fair, ne se contente pas de rassembler des galeries prestigieuses et des collectionneurs avertis : elle compose, pendant huit jours, une véritable cartographie des goûts, des tendances et des hiérarchies esthétiques qui structurent le marché mondial. Sa 71ᵉ édition, organisée du 25 janvier au 1ᵉʳ février 2026 à Brussels Expo, a réuni près de 150 galeries internationales, accueilli plus de 72 000 visiteurs et occupé 25 000 mètres carrés d’exposition.

L’art africain n’est plus une périphérie

Pour le regard africain, BRAFA mérite d’être lue avec plus d’attention qu’un simple rendez-vous européen. Elle dit quelque chose de la manière dont le patrimoine du continent circule, s’impose, se revalorise et s’inscrit désormais dans un espace mondial de plus en plus exigeant.

Dans ce paysage, la galerie Didier Claes occupe une place singulière. Spécialisée dans les arts classiques d’Afrique, elle s’est imposée au fil des années comme l’un des points d’ancrage les plus attendus de la BRAFA. Sa force tient moins à l’effet d’accumulation qu’à la précision du regard porté sur chaque pièce, à la qualité muséale des œuvres choisies et à la capacité de faire apparaître, dans un cadre de foire, toute la densité formelle et spirituelle de ces objets. Cette année, un masque Dan « deangle » de Côte d’Ivoire, daté du début du XXᵉ siècle, a particulièrement retenu l’attention. Par son intensité plastique et son aura, il rappelle que l’art africain classique n’est plus cantonné à un statut périphérique : il occupe désormais une place pleinement reconnue dans les circuits de la collection et de l’expertise internationale. Cette reconnaissance s’inscrit dans un mouvement plus large. Le marché de l’art africain, qu’il s’agisse de créations contemporaines ou de pièces plus anciennes, s’affirme aujourd’hui à travers plusieurs pôles actifs sur le continent et hors du continent. Lagos, Accra, Cape Town, Marrakech ou Lomé sont devenus des lieux de circulation, de visibilité et de légitimation pour les artistes, les galeries et les institutions. Dans le même temps, Paris, Londres ou New York consacrent une attention renouvelée à ces scènes, signe que l’intérêt n’est plus passager mais structurel.

Pour les collectionneurs comme pour les entrepreneurs africains, cela change profondément la nature du regard porté sur l’art : il ne s’agit plus seulement d’acquérir, mais de participer à un mouvement de valorisation culturelle, patrimoniale et symbolique.

Ce que BRAFA 2026 nous enseigne

BRAFA 2026 – Claes Gallery © Dan ‘deangle’ Mask

La BRAFA 2026 offre ainsi une lecture particulièrement riche du marché actuel. Elle montre qu’une grande foire ne se définit pas uniquement par le prestige des maisons présentes ou par le niveau des transactions, mais par sa capacité à faire dialoguer des univers que tout semble opposer. Arts anciens, art moderne, design, archéologie, objets d’exception et créations contemporaines cohabitent ici dans un même espace avec une remarquable cohérence. L’art africain y trouve naturellement sa place, non comme catégorie isolée, mais comme composante essentielle d’un ensemble plus vaste, où chaque œuvre vient élargir le champ de perception et enrichir le dialogue des civilisations.

C’est sans doute là que réside la force la plus durable de cette édition. La BRAFA ne propose pas seulement une succession de stands remarquables ; elle construit une expérience intellectuelle et esthétique fondée sur la diversité, la qualité et l’exigence. Dans un marché souvent tenté par l’effet de mode ou la concentration sur quelques signatures dominantes, elle rappelle l’importance d’un regard ample, cultivé et ouvert. En 2026, cette ambition s’est imposée avec éclat. Une fois encore, la BRAFA aura confirmé son caractère éclectique, cette rare capacité à réunir des œuvres, des époques et des sensibilités très différentes dans un ensemble à la fois harmonieux, vivant et profondément inspirant.

brafa.com

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